samedi 5 juillet 2014

Contes des Aînés d'Irlande (6)

ACALLAM NA SENÓRACH
Contes des Aînés d’Irlande

bilingue irlandais – français


Trad. fr. de Frédérick Morvan, d’après la trad. anglaise d’Ann Dooley et Harry Roe. Le texte de référence est celui publié par Whitley Stokes, Acallamh na Senórach in Irische Texte, Ed. Whitley Stokes et Ernst Windisch. series 4 volumes 1 (1900) pages xiv+1-438

§ 22. ‘Ocus Caol Cródha cét-ghuinech ua Nemhnain (.i. cur) conáich co neimh ro bhúi ac Finn, & ba h-í so neimh ro bhái fair: ór nír' dhibraic a lám urchar n-imroill riam, & nír' fuiligh a lám ar dhuine riamh mín bud marb acedóir nach bhud marbh ria cinn nómaide, & ní thainig a tig iffirn riam cech duine ro muirbfed. Ocus Oisín mac Finn in té nár' ér duine riamh acht gu m-beth cenn re caithimh neich aigi & cosa re h-imthecht’ ‘Is mór in teisd sin, a Cáilti’, ar Pátraic. ‘As fír cidh sin’, ar Cáilte, & adubairt:
§ 22. « Il y avait aussi un guerrier doué en magie dans la maison de Finn, Cáel Cródae le Brave et Blesseur-Rapide (Cétguinech), descendant de Nemnán. La force de sa magie était telle qu’il ne manquait jamais un jet, et tout homme que sa main ensanglantait mourait en neuf jours, sinon tout de suite, et aucun homme qu’il tuait n’échappait de la maison de l’Enfer. De même, Oisín, le fils de Finn, qui ne refusait jamais l’hospitalité à quiconque avait une bouche pour manger et des jambes pour voyager ». « Ceci est un grand éloge, ô Caílte », dit Patrick. « C’est la vérité », dit Caílte, et il récita ceci :

Nír' ér Oisín duine riamh im ór ná im aircet ná im biadh,
ní mó do chuinnigh ní ar nech gémad inn-rígh a oinech.
« Jamais Oisín ne refusa à aucun homme, ni or, ni argent ni nourriture,
Ni ne demanda jamais aucune faveur, à aussi grand qu’un roi ».

§ 23. ‘Ocus Oscar mac Oisín .i. in mac rígh ba ferr lúth & lámach ro bái a n-Érinn, & Ferdhoman mac Buidhbh Deirg meic in Daghda, & Raighne Roisclethan mac Finn, & Caince Corcairderg mac Finn, & Glas mac Eincherda Bera, & Mac Lugach lám-echtach, & misi féin’, ar Cáilte. ‘Ocus ba h-í ar cétfuidh dhin féin, a naemh Pátraic, co nach raibhi ó Theprofháne co Garrdha na n-Isperda a n-iarthar in domain ceithre cét laech nach dingébhmais a láthair chatha & chomlainn. Óir ní raibhi guala gan gel-sciath, ná cenn gan cathbarr, ná des-dorn gan dá manáis móir-leabra co suainemaib lín lan-chadait a foscadaib na crand. Ocus luidh-sium romhainn fón réim-sin co ráncamar Sliabh Lodáin meic Lir, & nír' chian dúin ann co cualamar dluth-chomhrád na bh-fer ag dénam shealga ar in muigh.’
§ 23. « Il y avait aussi Oscar, le fils d’Oisín, c’est-à-dire le fils de roi qui était le plus grand homme en Irlande en agilité et en maniement d’armes, et Ferdoman, fils de Bodb Derg, fils du Dagda, et Raigne Œil-Large (Rosclethan), fils de Finn, et Caince Rouge-Pourpre (Corcairderg), et Glas, fils d’Aencherd Berra, et Mac Lugach, et moi-même », dit Caílte. « Nous étions tels, Patrick, selon notre propre estimation, que, de Ceylan à l’est jusqu’au Jardin des Hespérides à l’ouest du monde, on ne pouvait trouver quatre cents guerriers que nous n’aurions battus à plate couture en bataille ou en combat. Un bouclier blanc sur chaque épaule, un casque sur chaque tête, et deux lances énergiques, avec de robustes cordes sur la hampe, dans chaque main droite. Nous continuâmes notre voyage jusqu’à ce que nous arrivions à la Montagne de Lodán, fils de Lir, et bientôt nous entendîmes à proximité la voix d’hommes chassant sur la plaine ».

§ 24. Dála Artúir meic Benne Brit, do eisidh ina dhuma shealga annsinn cona mhuintir. Indsaighter linne iat co h-athlamh & ro mharbhsam muintir Artúir uili, & iadhus Oscar a dá láimh um Artúr & ainices h-é, & tucsam ar trí coin lind. Ocus déchuin ro dhéc Goll mac Mórna secha con-faca in t-ech bocóidech dubh-ghorm co srian co cumdach óir fria, & in décsain ro dhéc dá láimh clí con-faca in n-ech n-donn n-dóghabh(á)la & srian línaidi láin-geal d' airget aith(legtha) fria co m-béilgibh óir fris, & g(abus) (G)oll in t-each-sin & cuiris h-í i láim Oisín, & cuiris Oisín i l-láim Dhiarmada í Dhuibhni, & táncamar romuinn iar m-buaidh coscair & commáidme, & cinn na trí naonbar linn, & ár coin & ár n-eich & Artúir féin a láim lind, co Beind Éadair meic Éatgáith an fhénneda, & tangamar assidein co h-airm i m-búi Find, co Senmagh n-Elta n-Edair.
§ 24. Artúir, fils de Benne des Brittons, était assis là sur son tertre de chasse avec sa suite. Nous les attaquâmes tout de suite et nous tuâmes tous ses hommes, mais Oscar de ses deux mains saisit Artúir et l’épargna. Nous retrouvâmes également nos trois chiens. Alors Goll, fils de Morna, regarda autour de lui et vit un étalon pommelé, noir brillant, avec une bride ornée d’or. A sa gauche il vit une jument vive, alezan, avec une bride d’argent brillant, texturée et raffinée, et le bout fait d’or. Goll captura les deux chevaux et les confia à Oisín qui à son tour les donna à Diarmait, le descendant de Duibne. Après avoir célébré notre victoire et notre triomphe, nous rentrâmes avec les têtes des trois neuvaines de serviteurs, avec nos chiens et nos chevaux, et avec Artúir comme prisonnier, à la colline d’Étar, fils d’Étgáeth le guerrier. De là, nous allâmes à la rencontre de Finn, sur la Vieille Plaine des Troupeaux d’Étar (Senmagh n-Elta n-Edair).

§ 25. Ocus táncamar isin pubaill i raibhe in rígh-fheinnid, & at-bert Cáilte:
§ 25. Ils entrèrent dans la tente du roi des Fianna. Caílte récita :

Do-ratsamar Artúir linn co n-derna a cura re Finn
cur'ba óglách d' Fhinn iar soin cusin laithi luid d' écoibh.
« Nous avons apporté ici Artúir pour faire sa paix avec Finn.
Il resta le guerrier de Finn, jusqu’au jour de sa mort ».

§ 26. Aincemaid Artuir 'arsin & marbmait a muintir, & tucsam in dana n-ech-sin d' Fhinn .i. in feir-ech & in bain-each, & is da síl-sin do bhí echradh na Fénne uili, ór nír' chleachtsat eich co sin. Ocus ruc in bain-each ocht tairberta & ocht serraig gacha tairberta, & tucadh do dronguibh & do dheg-dáinib na Fénne na serraigh-sin, & do-rónta carpuid acu iarsin.
§ 26. « (…) Nous présentâmes les deux chevaux, l’étalon et la jument, à Finn, et de cette souche proviennent tous les chevaux des Fianna, qui n’avaient pas de chevaux auparavant. La jument eut huit portées, et elle portait huit poulains à chaque fois. Les poulains furent donnés aux guerriers et aux nobles des Fianna, qui alors construisirent des chariots ».


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