Hsin Hsin Ming:
L’expression verbale d’une expérience de l’Eveil
traduction :
Wolfgang Bernard
La
Voie Parfaite n’est pas si difficile si tu n’as pas de
préférences.
Dès
que tu arrêtes d’aimer ceci et de haïr cela, tout devient clair,
sans masques.
Mais
fais la plus infime distinction entre une chose et une autre, et tu
crées une séparation infinie.
Donc,
si tu veux vivre dans la Vérité, alors n’aies aucune opinion pour
ou contre quoi que ce soit.
Eviter
le désagrément et chercher le plaisir est la maladie du mental.
Si
tu ne connais pas le sens profond de la Voie, la paix de ton âme est
troublée.
La
Voie est aussi parfaite que l’immensité de l’espace, où rien ne
manque et rien n’est en excès.
Le
fait même de choisir d’accepter ou de rejeter, t’empêche de
voir la vraie nature de la vie.
Ne
vis pas en cherchant des réponses dans le monde extérieur, ni en
t’enfonçant dans tes sensations internes de confusion. Calmement
et impartialement, vois, ressens, entends, goûte l’unité des
choses et la dualité disparaîtra en elle-même.
Quand
tu t’efforces de créer le calme en arrêtant l’activité
naturelle du mental, la quiétude qui en résulte est elle-même
active et en mouvement. Tant que tu restes attaché à l’un ou
l’autre de ces extrêmes, tu ne peux pas réaliser ce qui est
« non-deux ».
Et
tant que tu n’as pas compris cela, tu échoues de deux façons. En
niant la réalité, tu affirmes avec insistance son existence même,
et en affirmant avec insistance la confusion, tu nies sa réalité.
Plus
tu parles de la libération et plus tu y penses, plus tu t’éloignes
de la Vérité. Arrête cet attachement à toute parole et à toute
pensée sur l’Eveil et tu le trouveras bientôt partout.
Va
vers ta source intérieur et tu trouveras du sens, mais si tu
regardes à l’extérieur de toi, tout sens sera perdu.
Etre
libéré pour juste un instant, c’est transcender l’apparence et
la confusion dans le monde.
Ne
cherche pas de nouvelles vérités; arrête simplement tout
attachement à tes croyances et à tes jugements.
Sois
vigilant à toute dualité tout en évitant soigneusement d’en
rechercher de nouvelles.
S’il
y a ne serait-ce qu’une trace de ceci ou cela, de bien ou mal, tu
seras laissé dans la confusion.
Bien
que toute dualité provienne de ce qui est “non-deux”, ne
t’inquiète pas de ce “Un Sans un Second”.
N’aie
ni objection, ni blâme pour quoi que ce soit dans le monde, et ta
vie coulera devant toi.
Et
quand tes pensées discriminantes n’existeront plus, ton mental tel
que tu le connaissais n’existeras plus.
Toi
(en tant que sujet), tu crois en ton existence séparée parce que
les choses extérieures sont vues comme des objets. Pourtant, ni le
sujet intérieur, ni l’objet externe ne peuvent exister l’un sans
l’autre.
Comprends
la relativité de toi et de l’autre, et tu comprends la réalité
de base – qui est “non-deux”.
Dans
cette réalité, tu ne peux pas distinguer l’un de l’autre car
chacun contient en soi le monde entier.
Ne
discrimine pas entre ce qui est grossier et ce qui est fin, et tu ne
seras pas pour ou contre quoi que ce soit.
Vivre
dans la Grande Voie est ta nature. Ni facile, ni difficile :
simplement, c’est.
Compter
sur tes vues limitées, crée peur et indécision. Plus tu te
presses, moins tu vas vite.
N’aies
pas de préférences en ce qui concerne tes attachements. Même
l’attachement à l’idée de Libération éloigne de la vérité.
Laisse
les choses être telles qu’elles sont, accepte la vie comme elle
est; ainsi, il n’y a ni attente, ni incrédulité.
Vois
le flot inhérent à la vie, bouge sans effort avec lui, et tu seras
libre et tranquille.
Quand
tes pensées sont en esclavage, la vérité est toujours cachée
derrière le mental nuageux et obscur.
Juger
soi-même et l’autre te laisse seulement confus et las à
l’intérieur.
Aucun
bénéfice ne peut découler de constants jugements et séparations.
Vivre
librement dans la non-dualité, c’est tout accepter comme
indiscernable, même le monde des sens et des idées. Tout accepter
complètement, totalement, est la véritable libération.
L’homme
sage ne fait aucun effort pour faire quoi que ce soit, mais l’homme
insensé s’attache au ‘faire’.
Il
n’y a qu’une vérité, Un Goût, et non plusieurs; ta séparation
provient des attachements et des jugements.
Chercher
le non-mental de la libération avec le mental de l’identité est
la plus grande des erreurs.
Les
opposés proviennent des illusions dans ton mental; avec la
libération, il n’y a pas d’opposés – pas : aimer ceci et
détester cela.
Toutes
les formes de dualité proviennent des frontières illusoires créées
à l’intérieur de ton mental.
Ils
sont comme des rêves, des hallucinations, des fantômes dans les
airs, et il est insensé d’essayer de s’y accrocher.
Gain
et perte, vrai et faux, tu dois éliminer ces pensées maintenant,
une fois pour toutes.
Si
tu cessais de dormir, il n’y aurait plus de rêves.
De
la même façon, si ton mental cessait toute distinction, alors
toutes les choses sont vues telles qu’elles sont : la réalité
fondamentale.
Si
tu comprends le mystère de ce qui est “non-deux”, tu seras
délivré de tout esclavage.
Lorsque
tu peux voir toutes choses comme égales, sans distinction, tu as
atteint ta vraie nature.
Aucune
comparaison, aucune analogie ne sont possibles dans cet état sans
cause et sans finalité.
Penses
attentivement au mouvement qui existe dans le calme et au calme qui
existe dans le mouvement, et mouvement et calme disparaissent tous
deux.
Quand
ces dualités n’existent plus, l’Advaïta lui-même ne peut pas
exister.
Et
dans l’Absolu, au-delà de tout ce qui est séparé, il n’y a ni
règles, ni lois, ni descriptions.
C’est
seulement ici et maintenant que toutes tes luttes peuvent être
calmées, tes doutes et ton indécision dissipées, et qu’une vie
libérée devient possible. Et à chaque moment, tu es libre de ton
esclavage; tu n’es attaché à rien et rien ne s’attache à toi.
Tout devient clair, vide, et lumineux en soi, sans aucun effort de
ton mental.
Quand
viennent des doutes, relies-toi simplement à ce « non-deux »
et tu couleras directement dans l’harmonie avec cette réalité.
Dans ce « non-deux », toi et tout n’êtes plus séparés,
toi et tout n’êtes plus exclus.
Peu
importe quand et peu importe où, être libéré signifie entrer dans
cette vérité.
Et
dans cette vérité, il n’y a ni temps, ni espace, ni
différentiation; un seul moment est infini.
Il
y a de la confusion en toi et de la confusion à l’extérieur de
toi et pourtant l’univers est toujours juste en face de toi. Quand
tu ne te défini plus et quand tes frontières auto construites
disparaissent, l’univers est à la fois infiniment grand et
infiniment petit; il n’y a pas de différence.
Il
en est aussi ainsi avec être et non-être.
Arrête
de maintenir les doutes et les discussions qui n’ont rien à voir
avec cette réalité:
Tout
est l’Un, et l’Un est en tout; pas de frontières excepté celles
créées par ton mental.
Si
tu peux réaliser seulement cela, tu ne t’inquiéteras plus de tes
non-perfections, ni de celles du monde.
Vivre
avec cette conviction est la voie de la non-dualité, car le non-duel
est déjà unifié par le mental qui fait confiance à la Voie.
Mots
!
La
Voie est au-delà de tout langage, car dans la Voie, il n’y a ni
passé
ni
futur
ni
présent.
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