mardi 18 février 2014

La Tradition celtique (partie 1)



Chaudron de Gundestrup


La tradition celtique est à la mode aujourd'hui. Il y a une sorte de fascination à son sujet, et ce d'autant plus qu'on ne la connaît pas. Elle fait l'objet de tous les fantasmes, au point que les Celtes apparaissent parfois comme des sages écologistes et féministes, des magiciens détenteurs de fabuleux secrets disparus, ou même des sortes d'Elfes tout droit sortis du Seigneur des Anneaux de Tolkien. Il n'en est rien, évidemment. Les Celtes étaient des peuples comme les autres peuples de leur époque, et leur tradition ne nous semble mystérieuse que parce qu'elle ne nous est parvenue que de façon parcellaire.

Je voudrais vous présenter cette tradition celtique selon trois points de vue, correspondant au ternaire « corps, âme et esprit ».



Le corps de la tradition celtique, ce sont les Celtes eux-mêmes. Mais précisons tout d’abord ce que l’on entend par « celtique ».
D’un point de vue strictement scientifique, les Celtes sont un ensemble de peuples qui parlent des langues partageant des traits communs. Sans entrer dans le détail linguistique, les langues celtiques appartiennent à la grande famille indo-européenne – au même titre que les langues indiennes, iraniennes, germaniques, grecques, slaves ou italiques. Un certain nombre de critères linguistiques permet d’identifier une langue comme celtique, par exemple la disparition de la lettre P à l’initiale de certains mots (le mot latin « pater », par exemple, a pour équivalent celtique le mot « atir »), ou le traitement qui est fait à tel ou tel phonème indo-européen. Par l'analyse de quelques rares textes antiques en langue celtique, par les noms de personnes ou de lieu, on a pu constater plusieurs foyers de langue celtique dans l’Europe antique, apparentées au groupe des langues italiques, comme l’ombrien, l’osque, ou le latin. Une origine centre-européenne est probable, mais est encore discutée par les spécialistes. Aujourd'hui, seules quatre langues celtiques sont encore vivantes, et sont classées en deux groupes : le breton et le gallois constituent les langues britonniques ; l'irlandais et le gaélique d'Écosse forment le groupe gaélique.

Les Celtes sont nommés pour la première fois dans les textes grecs au V° siècle avant le Christ. Ce sont des « Barbares », au sens hellénique du terme, qui vivent au nord du monde méditerranéen, de l’Europe centrale aux rives de l’Atlantique. L’archéologie a permis d’identifier ces peuples dans des régions aussi différentes que les territoires actuels de l’Autriche, la Suisse, le nord de l’Italie, l’Espagne et le Portugal, la Yougoslavie, le sud de l’Allemagne, la France, et bien sûr les îles britanniques, Grande-Bretagne et Irlande. Au 4° siècle avant notre ère, les Celtes viennent au contact des Romains. Des groupes passent même le Bosphore, et s’installent en Asie Mineure, sous le nom de Galates, pour qui saint Paul écrira l’une de ses Lettres.


En 390 avant l’ère chrétienne, des Gaulois mettent à sac Rome. C’est le fameux épisode des oies du Capitole. Il s’agissait de Gaulois Cisalpins, c’est-à-dire habitant le nord de l’Italie. Mais dès le 3° siècle, ces Gaulois reculent devant la montée en puissance de Rome. Par paliers successifs, le monde celtique cède devant la République puis l’Empire romain. En - 52, César met fin à l’indépendance des peuples de la Gaule Transalpine – la nôtre –, malgré quelques révoltes pendant les siècles suivants. La Grande-Bretagne est envahie à partir de 43 après Jésus-Christ, jusqu’au mur d’Hadrien, qui marque aujourd’hui la frontière écossaise. Seule l'Écosse, peuplée alors de Pictes, et l’Irlande gaélique, échappent à la domination romaine et conservent des structures traditionnelles celtiques. Au V° siècle, les Romains se retirent de Grande-Bretagne devant l’invasion anglo-saxonne, et les Celtes de Grande-Bretagne, les Bretons, devront se débrouiller seuls face aux envahisseurs. C’est l’époque du roi Arthur historique, qui voit les Bretons reculer vers l’ouest et le sud, pour ne plus peupler que le Pays de Galles et la Cornouaille britannique, et émigrer en Armorique devenue Petite Bretagne, qui est ainsi re-celtisée.

        (à suivre...)





2 commentaires:

  1. L'hypothèse sur l'origine des Celtes, représentée par la carte ci-dessus, fait l'objet d'une controverse, et notamment de la part d'un chercheur français qui s'appelle... Frédéric Morvan (ce n'est pas moi).
    Voir ici : http://www.mysciencework.com/news/7423/une-nouvelle-vision-de-l-origine-des-celtes

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  2. Bonjour Fred,...c'est un Univers qui m'en demeure vraiment inconnu..mais j'aime cette façon d'écrire,et prendrais le temps de parcourir cela....C'est instructif et très intéressant déjà...En outre,merci d'avance pour ce que je vais découvrir et apprendre ici...Ciao ciao...Marco

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